1 2 3

Vous êtes ici

RETOUR SUR LA SOIREE DEBAT CONTRE LES DEMOLITIONS A LA VILLENEUVE

0 Commentaires

14 Mars 2017 «Lutte contre la démolition des logements sociaux à la Villeneuve » avec le collectif contre les démolitions imposées à la salle 150, 97 Galerie de l'Arlequin.

Introduction

Cette soirée débat était organisée avec le collectif contre les démolitions imposées à la Villeneuve de Grenoble. Pendant le temps d'accueil les participants pouvaient prendre connaissance des archives de l'Atelier Populaire d'Urbanisme (APU) de la Villeneuve.

Présentation du Droit à la Ville

La soirée a commencé par une rapide formulation du Droit à la Ville par Grégory Busquet.

Le Droit à la Ville a été écrit à l'époque de la construction des grands ensembles. Henri Lefebvre a notamment écrit cet ouvrage pour revendiquer le droit à une réelle appropriation des conditions de vie et de la vie quotidienne. Il a fortement insisté sur le droit d'usage de la ville.

Cet ouvrage-manifeste a connu un retentissement mondial depuis 50 ans. Il a notamment été repris récemment lors des mouvements d'occupation des places en Europe et dans le monde. En France, cet ouvrage fait écho aux luttes actuelles : l'actualité de la rénovation urbaine et des luttes contre la gentrification.

Il y a une authenticité de la Villeneuve. Les habitants ont des revendications légitimes : Qui a la légitimité de l'espace ? Quels sont les enjeux de l'arrivée de nouvelles populations ? Qu'est ce qu'on veut ? Qu'est ce qu'on va faire de nous ? Est ce que l'ANRU et les bailleurs se posent ces questions ?

Le Droit à la Ville est un slogan et un horizon qui permet de renforcer l'appropriation et le droit d'usage.

Présentation de la lutte contre les démolitions

Virgile Gavillet, représentant les locataires du 10/20 Galerie de l'Arlequin a ensuite exposé l'histoire de la lutte contre la démolition de son immeuble. Ce projet de démolition a été annoncé en décembre 2016 lors d'une réunion publique du maire de Grenoble sans concertation. Un collectif s'est alors constitué rassemblant l'association des locataires du 10/20 Galerie de l'Arlequin, l'Atelier Populaire d'Urbanisme, le Droit au Logement et quelques soutiens.

Virgile a pointé les mensonges utilisés pour justifier la démolition :

-Premièrement, le bailleur a affirmé que la réhabilitation coûterait trop cher (alors qu'elle avait été promise lors de la vente de cet immeuble en 2014 pour un prix ridicule) . Or, le collectif a montré que le coût dépendait de la volonté de segmentation des immeubles. Si le bailleur se contentait de réhabiliter « le clôt et le couvert » comme cela est demandé par les habitants, la réhabilitation ne serait pas aussi couteuse.

-Deuxièmement, ce projet de segmentation est souvent justifié pour des raisons de sécurité. Pourtant le collectif a démontré que la construction d'issue de secours de chaque côté de l'immeuble était suffisante pour répondre aux exigences du SDIS qui est l'autorité compétente en terme de sécurité incendie.

-Troisièmement, le bailleur dit s'inspirer de la réhabilitation du 40 galerie de l'Arlequin disant que c'est un projet exemplaire. C'est totalement faux ! Il suffit d'écouter les nombreuses réclamations des habitants suite aux travaux....

Le projet Interland a été caché aux habitants alors qu'il propose une alternative à cette rénovation « lourde ».

Cette démolition est imposée et les habitants n'ont pas vu la concertation. Les bailleurs essayent de forcer la main aux habitants pour qu'ils acceptent de déménager. Pourtant les habitants ont des droits et ils doivent être écoutés.

Il y a actuellement un abandon de l'immeuble pour faire partir les locataires. Récemment un habitant a reçu des menaces d'huissiers. La situation est assez tendue et compliquée à vivre. Le collectif essaye d'informer les habitants qu'ils ont des droits.

Travail en Groupe

Les participants se sont ensuite divisés en trois groupes. L'objectif était de faciliter l'expression de tou-t-e-s et de susciter ls prises de parole de tous les participants autour de deux questions : « quels sont les liens entre la lutte des habitants et le Droit à la Ville ? » & « Comment faire respecter et advenir le Droit à la Ville? »

Groupe A

Notre groupe était composé de six personnes dont un seul habitant du 10/20 Galerie de l'Arlequin.

On a relevé le manque d'écoute des habitants de la part des bailleurs. La parole des habitants ne semble pas pris en compte (à la fois l'expérience de notre groupe montre que l'expression des habitants n'est pas toujours simple).

On a discuté également de la question de la segmentation : est ce que découper l'Arlequin ne va pas au final compliquer les choses ? Le problème c'est qu'ils mettent un paquet de fric sur cette segmentation alors qu'il est probable que cela ne résolve pas les problèmes. Si le principe de la réhabilitation change alors des possibles s'ouvrent pour intervenir différemment.

Le projet semble sous estimer l'importance des réseaux de solidarité et d'entraide.

Nous avons rediscuté de la démolition du 50 galerie de l'Arlequin. « On » disait que c'était une montée « craignos ». Un local de police avait été installé au pied du 50. Ce témoignage semble confirmer que cette montée était stigmatisée (voir Plaidoyer pour villeneuve)

Nous avons rediscuté de la loi Lamy qui instaure les conseils citoyens et le principe de co-construction. Dans sa formulation actuelle, la co-construction est symbolique et les pouvoirs vont pouvoir continuer à faire comme avant. Mais il ne faut pas arrêter, cette lutte peut servir de référence pour revendiquer le Droit à la Ville et un droit d'usage.

Groupe n°2

(à compléter)

Groupe n°3

(à compléter)

Restitution

Le temps de restitution a été l'occasion pour les participants d'exprimer des sentiments d'abandon, de découragement et de colère : « la concertation est instrumentalisée » « il n'y pas de droit à la Ville, il s'assoit dessus pour 380 millions d'euros », « sentiment de dépréciation de notre quartier », « fatigue de la lutte », « colère sur l'écart entre la réalité et le Droit »...

L'ensemble des prises de parole ont été noté sur des feuilles. Au final, elles ont formé un arbre avec quatre branches de propositions pour matérialiser le Droit à la Ville:

1. Le Droit à la Ville peut se matérialiser dans une communauté qui s'épaule, se renforce, fière de vivre dans son quartier. C'est une vision opposée au discours sur la « mixité sociale imposée » promue par l'ANRU. Le renforcement de la communauté peut permettre de lutter contre le sentiment de dépréciation de la Villeneuve. Proposition de réaliser un travail sur la mémoire du quartier pour expliquer ce que les habitants vivent et imaginer la résurrection du quartier. Il ne faut pas oublier que les quartiers populaires ont parfois fait bouger les lignes politiques. Se souvenir de la commune de Paris !

2. Certains aspects de loi Lamy correspondent bien à l'état d'esprit du Droit à la Ville, en particulier la création des conseils citoyens et l'instauration du principe de co-construction. Le problème c'est que les textes sont imprécis : quelle représentativité de la table de quartier ? Une permanence par semaine pour la maison du projet est ce suffisant ? Au final, la concertation est instrumentalisée. La loi ne donne pas les moyens de contrer cela. La parole des habitants est filtrée (une fois, deux fois, trois fois...) et donc au final le message n'est plus le même.. Pourtant c'est le canal officiel...

3. Proposition de créer un média pour témoigner de la réalité, court-circuiter l'information officielle... Renforcer le Crieur de la Villeneuve et développer la présence sur les réseaux sociaux.

4. Utiliser la charte européenne pour les droits humains dans la ville qui a été signée par la ville de Grenoble dans les années 90. En signant cette charte, la Ville de Grenoble s'est engagé à assumer les engagement et notamment son article premier intitulé « Le Droit à la Ville".

Voici un extrait du préambule de cette charte : « L’engagement que nous prenons ici s’adresse aux femmes et aux hommes de notre temps. Il ne prétend pas à l’exhaustivité et sa portée dépendra de la manière dont les habitants des villes s’en saisiront. Il se présente comme un cadre de réponse aux attentes des citoyens dont les villes sont à la fois le théâtre et le révélateur. Cette Charte sera pour eux, comme pour ceux qui les gouvernent au niveau de subsidiarité qui est celui de la cité, un ensemble de points d’appui pour revendiquer leurs droits, reconnaître d’éventuelles violations et les faire cesser. Ces points d’appui sont offerts comme autant d’occasions de surmonter les difficultés et de concilier les logiques parfois contradictoires en œuvre dans la vie même de la cité.

Une volonté : inscrire le lien social, durablement, dans l’espace public.

Un principe : l’égalité.

Un objectif : la montée de la conscience politique de tous les
habitants. »

Lire la charte européenne pour les droits Humains dans la Ville : https://www.uclg-cisdp.org/fr/le-droit-a-la-ville/charte-europeenne

A la fin de la rencontre, il a été lancé un appel à continuer à faire signer la pétition contre les démolitions imposées (www.stopdemolitionarlequin.com) et un appel à participer à la manifestation pour le Droit au Logement qui partira le 24 Mars de la Villeneuve à 14h (RDV Arrêt Tram La Bruyère) ! Action !