Projets

À la Villeneuve de Grenoble, des habitants ont construit un projet urbain alternatif face à une rénovation urbaine autoritaire menée par l’Etat. Un atelier populaire d’urbanisme a été organisé pour définir les grands axes du projet : habitat, éducation, environnement, démocratie et économie. A la suite de l’élection d’une nouvelle coalition de gauche, écologiste et citoyenne à Grenoble en 2014, l’architecte en chef a été démis de ses fonctions et il est projeté de co-construire un nouveau projet urbain. Un enjeu de construction du commun à l’échelle d’un quartier de 10 000 habitants.

Historique

La Villeneuve de Grenoble possède une histoire très riche lié aux mouvements sociaux urbains post-68. Entre grand ensemble et ville nouvelle, ce territoire a été un lieu d’expérimentation urbaine, sociale et éducative. S’il y a eu des hauts et des bas, depuis 40 ans des citoyens s’impliquent activement pour tenter d’améliorer la vie sociale. A titre d’exemple, Villeneuve est le lieu d’une expérience de référence concernant la mise en place d’une pédagogie nouvelle menée dans les écoles publiques.

Projet Urbain Stratégique et Démocratique

Les habitants ont formulé un projet urbain autour de 5 piliers :

Habitat

Dès l’origine les immeubles de l’Arlequin mêlent différentes classes sociales pour lutter contre la ségrégation sociale. Aujourd’hui, alors que le projet de rénovation urbaine initial avait une approche autoritaire aboutissant à la démolition de logements sociaux, les habitants ont imposé la nécessité d’une rénovation concertée. Après une première opération au 40 et 50 galerie de l’Arlequin pour un total de 190 logements (actuellement en cours), plusieurs scénarios sont envisagés pour rénover thermiquement les immeubles et améliorer les logements. Il est également proposé de développer plusieurs projets d’habitat collectif dans les coursives, et un réinvestissement de la galerie de l’Arlequin. Les logements sociaux sont un bien commun !

Education

Alors que les écoles sont au cœur du projet de Villeneuve, la rénovation urbaine officielle ne considérait que ce n’était pas un enjeu. Face à cette situation, les habitants ont pourtant considéré que l’investissement dans l’éducation était une priorité du nouveau projet urbain. Il s’agit d’une part d’investir dans l’infrastructure scolaire pour améliorer les conditions d’apprentissage et d’autre part de co-construire un projet éducatif de territoire avec l’ensemble des acteurs. Par ailleurs, des ateliers de pédagogie sociale se déroule toutes les semaines dans les espaces publics de l’Arlequin, et des ateliers de pédagogie sur l’architecture, l’urbanisme et l’environnement sont menés dans plusieurs structures éducatives.

Environnement

Villeneuve possède un parc de 14 hectares aménagé par le paysagiste Michel Corajoud. Ce parc est une véritable bien commun des habitants qui est essentiel pour la qualité de la vie dans la métropole de Grenoble. Un groupe a commencé à investir plusieurs espaces pour jardiner dans le parc, sur les toits des parkings, dans les jardinières. Il est envisagé de créer un pôle d’agriculture urbaine où sont menées des projets autour de l’alimentation. D’autre, il est envisagé d’aménager les espaces autour du lac et l’aire de jeux centrale. D’autres initiatives sont en cours !

Démocratie

Face à un projet urbain autoritaire, les habitants ont cherché à réinventer les formes de construction d’un projet urbain. Il s’agit de construire des réponses à la crise de la démocratie représentative et mettre en place d’une gouvernance urbaine ouverte. L’Atelier Populaire d’Urbanisme a participé à la coordination nationale Pas Sans Nous pour imposer la mise en place de table de quartier et des conseils citoyens dans tous les quartiers ciblés par la politique de la ville. Aujourd’hui, un conseil citoyen a été mis en place et une table de quartier est en cours de création. Au delà de ces instances, l’APU cherche à donner du contenu au principe de co-construction des projets urbains et avancer vers la mise en oeuvre d’assemblée délibérative. Un travail avec les universités du territoire a été mis en oeuvre, qui aboutit à plusieurs projets menés avec des chercheurs et des étudiants, et l’émergence d’une Université Populaire.

Economie

Le dernier axe du projet urbain stratégique et démocratique porte sur l’économie. Face à la crise du système économique, il est proposé de construire une économie sociale et solidaire. Dans un premier temps, il s’agit de redynamiser la place du marché, soutenir les commerces de proximité, les artisans. Il est également proposé de créer un pôle de formation des emplois non qualifié. L’APU cherche à penser le projet urbain sous l’angle de l’économie du renouvellement urbain. Autour des questions de logement, une agence coopérative immobilière a été imaginée. De manière générale, le soutien à l’économie productivo-résidentielle est privilégié.

Ce qui se fait pour les habitants, sans les habitants, se fait le plus souvent contre eux